Zoom sur les forces vives : Quand la Nièvre et la Franche-Comté réveillent la scène culturelle !

20/10/2025

Le festival, ce laboratoire bouillonnant : focus sur les ovnis locaux

Derrière les blockbusters du genre Eurockéennes ou Lucioles, l’histoire se joue dans des lieux plus confidentiels. Petit tour d’horizon de ces festivals qui unissent territoires et audaces artistiques :

  • Rockabylette : Depuis 2014, ce festival pas comme les autres réunit à Luzy (Nièvre) du rock (bien sûr), du rétro, des concours de ménestrels déjantés et pas mal de sueur festive. Pourquoi c’est important ? Parce que Rockabylette attire près de 7 000 visiteurs sur une bourgade de 2 000 habitants – ça met le feu ! (source : Le Journal du Centre).
  • Les Bains-Douches à Lignières : Bien que situé en bordure de la Nièvre, ce club/festival s’est taillé depuis 40 ans une réputation nationale dans la chanson et les musiques actuelles. Il a vu défiler Higelin, Les Innocents, Olivia Ruiz à leurs débuts. La preuve qu’un tremplin peut exister loin des grandes métropoles (source : lesbainsdouches-lignieres.fr).
  • Festival International du Film d’Amour de Belfort : Ici, l’alternative c’est le cinéma. Depuis 1986, ce festival met avant tout en valeur le court, moyen ou long métrage d’auteur, souvent international, loin des sentiers battus. Près de 200 films, 20 000 entrées sur cinq jours en 2023 : ça pèse (source : Les Entrelacs).
  • Chalon dans la Rue (Saône-et-Loire, proche du Jura) : OK, c’est hors périmètre strict, mais beaucoup d'artistes de la Nièvre et de Franche-Comté y participent. Chaque été, c’est plus de 1 000 représentations d’arts de la rue, 200 compagnies venues de toute l’Europe. Un moteur colossal pour la visibilité des artistes régionaux (source : Chalon dans la Rue).

Assos teigneuses et collectifs bien ancrés : ces moteurs qui font tourner la scène

Il y a ceux dont on voit l’affiche, et il y a ceux qui triment dans l’ombre pour que la culture respire. Incontournables, les assos culturelles injectent de l’adrénaline là où les subventions n’arrivent pas (toujours).

  • Le Café Charbon (Nevers) : Une institution ! Cette scène de musiques actuelles, labellisée SMAC depuis 1994, a programmé plus de 3 000 concerts en presque 30 ans, et a été le terrain de jeu de La Femme, Zebda ou encore Arno avant qu’ils ne cartonnent. Lieu d’accueil d’ateliers, d’expos et de rencontres, c’est le poumon rock, punk, indé de la Nièvre (source : Cafe Charbon).
  • Le Bastion (Besançon) : Nid à groupes et fabrique à talents, Le Bastion héberge près de 40 groupes par an dans ses studios. La structure organise des centaines d’heures d’accompagnement artistique, des ateliers, des scènes découvertes : c’est le laboratoire musical bisontin (source : lebastion.org).
  • Culture & Co (Montbéliard) : Du cinéma à la médiation culturelle, c’est le grand écart, mais tout le monde y gagne. Plus de 40 projets soutenus l’an dernier autour de la ville, selon le journal L’Est Républicain.
  • Chemins d’Art (Morvan et Nièvre) : Association dynamique, elle fait se rencontrer artistes et habitants via des balades culturelles et artistiques in situ : pas de vitrine, on découvre la création en marchant, au gré des villages et de la forêt des Bertranges.

Musiques, arts visuels, théâtre : la diversité d’une offre surprenante… à (re)découvrir !

Quand on imagine la culture locale, on pense folklore. Mais la scène d’ici, c’est bien plus que les accordéons sur la place du marché. Place aux curiosités méconnues !

  • Les Samedis Électriques (Mâcon, Chalonnais, Nièvre) : Série d’événements electro/DIY où se croisent musiciens et plasticiens de Saint-Léger à Cosne… Mixs pointus, installations visuelles, improvisations live : 300 personnes en moyenne pour chaque session, qui transforment des salles polyvalentes en club branché le temps d’une nuit.
  • L’Usine (Dole, Jura) : Friche industrielle reconvertie, L’Usine est aujourd’hui un tiers-lieu emblématique mêlant danse urbaine, studios d’enregistrement, expositions, ateliers cinéma. Un exemple concret réplicable dans toute la région (source : L’Usine Dole).
  • Auberge de Jeunesse de Château-Chinon (Nièvre) : Le lieu ne se contente pas de loger les noctambules. Tous les vendredis, jam session, lectures de poésie, mini-expos, résidences photo. Un foyer artistique polyvalent, alimenté par les voyageurs eux-mêmes.

Des tremplins pour frapper dans la fourmilière : dispositifs d’accompagnement et scènes ouvertes

Nombre de groupes de la région n’auraient jamais quitté leur garage sans les fameux tremplins ou appels à projets, parfois déterminants. Petit florilège de ces boosters d’envie :

  1. Tremplin Métal du Café Charbon : récompense chaque année un groupe local avec première partie sur scène, enregistrement, conseil scénique. Près de 56 groupes révélés en 10 ans, dont certains affichent aujourd’hui de très belles tournées régionales.
  2. Le Festival Génériq : Unique en France, ce festival multi-sites (Besançon, Dijon, Mulhouse, Belfort, Montbéliard) valorise les nouvelles têtes d’affiche du hip-hop, de la pop, de l’urbain indé depuis 2007. En 2023, 80 % des groupes invités étaient issus des régions Bourgogne-Franche-Comté et Grand Est (source : Génériq Festival).
  3. La Semaine de l’Écriture (Nevers – région et lycées partenaires) : Projet pédagogique, la Semaine permet chaque printemps à 1 500 jeunes de publier, slamer, rapper ou scander leurs textes sur scène ou à la radio locale. Un vivier de nouveaux auteurs lus, chantés, déclamés sans complexe.

De la ruralité à la ville moyenne : l’art s’invite partout

On croit trop souvent que l’offre culturelle s’évapore dès qu’on sort d’une agglo. Pas vrai. Quelques chiffres :

  • Près de 150 associations culturelles actives rien que dans la Nièvre (Données Conseil Départemental 2023, consultable sur nievre.fr), et +300 en Bourgogne-Franche-Comté.
  • Près de 200 manifestations culturelles annuelles de toutes tailles, allant du ciné-village à l’installation land-art, d’après l’Observatoire Régional de la Culture (ORCBFC, Bilan 2022).
  • Morvan : 60% des communes de moins de 1 000 habitants accueillent au moins un événement culturel par an (source : Parc Naturel Régional du Morvan).

Bref, même dans le village le plus reculé, il se passe quelque chose – pour peu qu’on sache tendre l’oreille.

Quand les collectivités se mouillent (ou pas) : soutien, galères et réussites

Mettons un peu les pieds dans le plat : si la vitalité est là, beaucoup reste dépendant du bon vouloir des financeurs. La baisse des subventions nationales depuis 2018 a mis la pression sur bon nombre d’assos (sources : Ministère de la Culture, rapport 2022). Pourtant, certaines collectivités ont réagi :

  • La Région Bourgogne-Franche-Comté dédie chaque année 19,4 millions d’euros à la culture, dont une part croissante va vers les micro-festivals, la création émergente, la résidence d’artiste (données 2022, Région BFC).
  • Soutien spécifique aux projets de médiation et d’accès aux droits culturels en milieu rural : le dispositif « Culture en Partage » a permis en 2023 à 54 projets portés par des collectivités ou assos de voir le jour, de la micro-conférence musicale en EHPAD au ciné-plein air sur la place du village (Région BFC, bilan 2023).

C’est loin d’être le Pérou, mais on sent la volonté de ne pas laisser tomber les initiatives qui changent la donne au quotidien.

Ce que l’avenir réserve — et pourquoi il faut continuer à secouer la scène locale

Alors oui, la Nièvre et la Franche-Comté ne sont pas Paris ou Lyon côté rayonnement culturel. Mais l’énergie est là, palpable ! Des festivals qui émergent, des assos qui s’accrochent, des artistes qui inventent leur liberté loin de la frénésie urbaine : ici, la culture n’est pas juste une façade, elle ronge les murs, elle se faufile entre les pierres.

Ce qui fera la différence demain ? La capacité à tisser des ponts entre musique, peinture, vidéo, slam, spectacle vivant, street art, et à faire entrer dans la danse le public le plus large possible. À soutenir les mix improbables, les lieux hybrides, les formes mobiles et inventives. Et à ne jamais oublier : l’audace, l’entraide, la curiosité, voilà les vraies locomotives de la culture en Nièvre et en Franche-Comté. Le cœur bat fort — alors soyons de ceux qui l’écoutent, l’alimentent, et donnent envie d’y croire encore.

Pour suivre les actus des collectifs cités, se connecter à leur site ou réseaux sociaux est le meilleur réflexe. La culture, ici, ne s’arrête jamais vraiment – elle change de visage, mais ne lâche rien… et c’est tant mieux.

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