Ici, pas d’équipes cloisonnées. Quand tu joues à la Pinte de Sornettes ou au Lapin Bleu, c’est le patron ou la patronne qui t’accueille. Il te demande ce que tu veux boire, te vulcanise quelques histoires d’anciens musiciens – et parfois, c’est même lui ou elle qui règle le retour son « à l’ancienne ». Ce rapport humain, il dépasse la prestation pure : dans ces lieux, les artistes testent leur set devant un public qui reste malgré les fausses notes, qui revient à tous les concerts, qui relaie sur les réseaux. C’est là que se construit la fidélité.
Statistiquement, 82% des groupes de moins de cinq ans dans le département ont démarré par un petit lieu ou une scène associative, d’après l’Observatoire des Pratiques Musicales (édition Bourgogne-Franche-Comté 2022). Les gestionnaires le disent eux-mêmes : sur dix groupes accueillis par an, cinq reviennent l’année suivante – preuve que ces lieux permettent de bâtir une vraie relation sur plusieurs saisons.