Plongée dans l’effervescence : ces événements éphémères qui révèlent les arts underground en Nièvre
Quand on pense “culture dans la Nièvre”, il y a fort à parier que la première image, ce n’est pas une rave dans une grange désaffectée...
La Franche-Comté n’est peut-être pas sur toutes les bouches quand on parle « grande région culturelle », mais faut voir ce qui s’invente là-bas côté éducation ! Les centres culturels de Belfort à Lons-le-Saunier défendent une vision de la culture qui s’apprend, se partage, et se pratique dès le plus jeune âge (voire à tout âge). Derrière chaque salle polyvalente, maison de la culture ou espace culturel, il y a une nuée de bénévoles et de pros qui bossent sur des programmes éducatifs cousus main.
Pas question ici d’empiler catalogues de conférences poussiéreuses ou ateliers bateaux. En Franche-Comté, la carte éducative des centres culturels déborde d’initiatives qui mettent les mains dans le cambouis, façon immersion, créativité, et rencontres directes avec les pros du milieu artistique.
Première brique dans le mur : les ateliers. Impossible de parler programmes éducatifs sans pointer l’éclectisme de l’offre des centres culturels francs-comtois. Ces ateliers, ouverts aux scolaires comme aux familles ou adultes, brassent tout :
Ce n’est pas rare que ces ateliers débouchent sur une création collective : fresque, pièce jouée ou projection publique. La FNCC (Fédération Nationale des Collectivités pour la Culture) cite 24 000 élèves touchés par des actions culturelles dans la région rien qu’en 2022 (source FNCC).
S’il y a une initiative qui donne des ailes, c’est bien le programme « classe en résidence ». Ici, on ne reste pas spectateur : les jeunes ou les scolaires vivent une semaine, parfois deux, littéralement au rythme du centre, plongés dans un projet artistique aux côtés d’un créateur. La Black Box à Montbéliard l’a bien compris : chaque année, deux à trois classes de collèges ou lycées débarquent, bossent avec un graffeur, un écrivain ou une metteuse en scène, et produisent une œuvre à la fin. Les gamins ressortent rarement indemnes (dans le bon sens du terme !).
Quelques chiffres ? Selon les remontées de la DRAC Bourgogne-Franche-Comté, le dispositif a concerné 40 classes en 2023, soit plus de 800 élèves, avec une vraie parité ville/campagne, ce qui n’est pas courant ailleurs en France.
L’autre pilier, ce sont les projets pédagogiques construits main dans la main avec l’Éducation Nationale. Oui, sur le papier, ça sonne administratif ; en vrai, c’est là que ça pulse souvent le plus fort. Les centres culturels montent des dispositifs où les artistes et intervenants intègrent la classe.
Beaucoup de ces actions sont subventionnées ou montées dans le cadre du Pass Culture : en Bourgogne-Franche-Comté, pas moins de 30 000 jeunes en ont bénéficié sur la première moitié de 2023, selon Pass Culture.
| Programme | Lieu | Pour qui ? | Quoi de neuf ? |
|---|---|---|---|
| « Osons l’Opéra ! » | Besançon, La Rodia | Primaires et collèges | Découverte de l’univers de l’opéra, ateliers de chant et spectacle avec artiste lyrique |
| « Clique ta Zik » | Poudrière, Belfort | Lycées, foyers jeunes travailleurs | Créer un single de musique urbaine sur smartphone : écriture, enregistrements, clip ! |
| Atelier BD « Les héros locaux » | MJC de Dole | Scolaires et familles | Création d’une BD sur une personnalité oubliée de la région. Pratique du scénario et mise en pages. |
| « Montre ta science » | Espace multimédia, Héricourt | Collégiens | Initiation à la vulgarisation scientifique via la radio et le podcast. Enregistrement en studio ! |
Arrêtons-nous sur un public souvent oublié des grandes programmations : les tout-petits. La Franche-Comté sort le grand jeu avec ses « bébés lecteurs », « matinées éveil musical » ou encore les jeux d’ombres et de marionnettes animés pour les 2-6 ans. Ces séances ne servent pas qu’à occuper les minots ; elles sont des passerelles famille/école/culture. Les médiathèques de Haute-Saône, par exemple, accueillent près de 12 000 enfants chaque année sur des cycles d’ateliers (source rapport annuel Départ. Haute-Saône).
Des temps de formation sont aussi proposés aux parents sur leur rôle dans l’accompagnement culturel des enfants. Pratique rare mais suivie : plus de 200 parents formés par les médiateurs culturels du Territoire de Belfort en 2023.
La culture, ce n’est pas l’apanage des jeunes. Les centres offrent aussi des formations pour adultes, enseignants, animateurs et pros de l’animation :
En 2023, le réseau Scènes du Jura a recensé plus de 900 adultes bénéficiaires de ces formations, avec une belle diversité d’origine (enseignants, bénévoles associatifs, travailleurs sociaux, etc.).
Pas d’éducation culturelle sans impact mesurable. Plusieurs rapports locaux (ex DRAC, FNCC, ADEME) relèvent que la participation à ces programmes a doublé entre 2016 et 2023. L’ADEME (Agence de la transition écologique) note même que l’accompagnement d’ateliers éco-créatifs (recyclage, arts récup) a développé l’engagement de 40% des collégiens participants en faveur d’initiatives locales. Et ce n’est pas rien dans une région souvent décrite comme peu dynamique.
La dynamique est telle que les festivals locaux recrutent, désormais, beaucoup plus de bénévoles issus de ces ateliers et parcours : le festival Détonation (Besançon) ou le festival Rencontres & Racines (Audincourt) comptent 20 à 30% de jeunes « passés par la case centre culturel » dans leurs équipes d’organisation (source : France 3 Régions, 2023).
Ce n’est pas un scoop, la Franche-Comté mise de plus en plus sur ses centres culturels pour retisser le lien dans les villes comme dans les campagnes. En offrant des outils, des rendez-vous, des lieux vivants, ces structures filent une sacrée leçon à d’autres régions plus « capitales ». Les chiffres le prouvent et, surtout, l’expérience des habitants. Alors, que tu sois jeune, parent, prof, ou simplement curieux de faire vibrer du local, garde l’œil : l’agenda éducatif de ces centres réserve toujours des pépites dont tu pourrais bien être le.coprotagoniste.