Plongée dans l’effervescence : ces événements éphémères qui révèlent les arts underground en Nièvre
Quand on pense “culture dans la Nièvre”, il y a fort à parier que la première image, ce n’est pas une rave dans une grange désaffectée...
On a beau adorer les sessions dans les chambres d’ado, la réalité c’est que le passage en studio change tout. Parce que, franchement, si tu veux que ta voix ne sonne pas comme si tu chantais dans une salle de bain, il te faut un vrai micro, une salle traitée, un ingé son. T’en as marre qu’on pose sur ta maquette la même attention qu’on prêterait à une énigme Sudoku ? Il est temps de passer en studio. Sauf que — surprise ! — tu n’as pas besoin de sauter dans un Ouigo direction la Capitale.
Entre la Nièvre et la Franche-Comté, il y a des studios où ça bosse dur, où ça transpire la passion, et où t’es accueilli comme un vrai·e artiste, pas juste comme un client avec sa carte bleue.
Planqué dans les sous-sols d’une ancienne bâtisse à Nevers, Le Cellier est un des temples de l’enregistrement pro dans le coin. Équipement analogique ET numérique, acoustique aux petits oignons, et surtout, une équipe qui connaît par cœur la scène locale (Antoine, gérant et ingé son, a déjà bossé avec la moitié des groupes du département). Ici, que tu fasses de la chanson rock ou de l’electro, tu trouveras ton compte. Tarifs : à partir de 200 € la journée. On aime : l’option “résidence” pour bosser plusieurs jours d’affilée et éviter de revenir bosser chez soi tous les soirs. Source : Le Cellier Studio
Ambiance paisible, matériel dernier cri (ProTools, monitoring Focal), salle de prise de 40 m2. Ici, les styles défilent : chanteurs, groupes metal, voix-off pour le ciné… Les locaux en profitent pour préparer des maquettes qui claquent. Gros point fort : l’accueil tout public, débutants compris. Prix ? : devis personnalisé. Les formules “prise live” sont particulièrement appréciées des groupes. Contact : Facebook “Studio du Lac Decize”
Direction Franche-Comté, avec le vénérable Studio 70, qui a vu passer des figures du rock régional et quelques pépites sorties tout droit de l’underground bisontin. À la régie, Jean, un vieux de la vieille qui sait à la fois rassurer les petits nouveaux et challenger les vieux briscards. Ici, on a le choix entre l’enregistrement “à l’ancienne” sur bande ou le full numérique. Prix : en moyenne 250 € la journée ; forfaits possible, notamment pour EP. Source : Studio 70
Multi-instrumentiste chevronné, Romain, le fondateur, a ramené dans ce lieu une ambiance presque familiale. Situé au cœur du pôle culturel de Belfort, c’est ici qu’une bonne poignée de projets indé prennent vie, du reggae au jazz en passant par les spectacles vivants qui captent des voix. Tarif : à partir de 180 € la demi-journée ; mutualisation possible pour assos et petites formations. Contact : lafonderie-belfort.org
Les studios de la région n’ont plus rien à envier, question équipement, aux grosses boîtes des métropoles. Petit état des lieux, parce qu’on n’est jamais mieux armé pour pousser la porte d’un studio que quand on sait où on met les doigts.
| Studio | Tables de mixage | Logiciels/DAW | Pianos/Batteries | Microphones phares |
|---|---|---|---|---|
| Le Cellier | SSL, Allen & Heath | Logic Pro X, Pro Tools | Yamaha U3, Gretsch Broadkaster | Neumann U87, Shure SM7B |
| Studio du Lac | Sony DMX | ProTools | Nord Piano, Tama | AKG C414, Rode NT2-A |
| Studio 70 | Soundcraft Ghost | Cubase, Pro Tools | Yamaha CP70, Ludwig | Neumann KM184, Sennheiser MD421 |
| La Fonderie | Focusrite Control 2802 | Logic / Studio One | Roland, Pearl | Audio-Technica AT4040, Electro-Voice RE20 |
Besoin d’un synthé vintage, d’une room à réverb naturelle ou d’un backline complet de guitares ? Les studios gèrent souvent ça aussi, sur demande.
À l’échelle nationale, selon la SNEP, la France compte plus de 700 studios pros, mais une grande partie sont concentrés en région parisienne ou dans les grandes villes (source : Sycra/SNEP, chiffres 2023). Dans la Nièvre et en Franche-Comté, l’enjeu, c’est de tenir bon face à la concurrence des home studios “cheap” et de la standardisation des sons formatés Spotify.
Mais ici, la différence, c’est l’accompagnement. Les ingés son ne te balancent pas juste un devis à la tête : beaucoup peuvent t’aider sur les arrangements, le choix des sons, et même te mettre en relation avec d’autres musicien·ne·s pour enrichir ton projet. On retrouve cet esprit “atelier”, moins usine à gaz que les grosses structures. Certains studios affichent même des partenariats avec des écoles de musique locales ou des SMAC, ce qui veut dire plus d’opportunités pour les jeunes talents de bénéficier d’enregistrements subventionnés.
La fourchette des tarifs repérés dans la région va de 180 à 300 € la journée, avec des packages pour EP et albums (souvent sur devis). Pour donner une idée :
Pour éviter l’addition salée :
Tip bonus : certains studios locaux proposent même des mini-formations (utilisation d’un DAW, techniques de prise de son, etc.), souvent animées par les ingés maison. Pratique pour peaufiner tes prochains morceaux… et ne pas bousiller ton budget la prochaine fois.
On s’étonne parfois de voir que des albums sortis par des groupes régionaux commencent leur vie dans une salle de 20 m² à Decize — avant de cartonner sur les plateformes.
La morale ? Il n’y a pas de petite salle, juste des bons titres et l’envie de mettre ta région sur la carte.
En 2024, enregistrer un album pro dans la Nièvre ou en Franche-Comté n’a rien d’un plan B. C’est plus qu’un acte militant – c’est un pied de nez à la centralisation, un vrai pari sur la créativité de la province. Les studios locaux ne sont pas des vestiges ou des solutions par défaut : ce sont des lieux où l’humain compte autant que la technique, où le dernier micro vintage côtoie la bière artisanale offerte à la fin de la session.
Alors, si tu crois que faire confiance aux studios de la Nièvre ou de la Franche-Comté, c’est risquer d’avoir un son “provincial”, viens écouter ce qui s’y passe. Les prochaines grandes claques, crois-le ou non, elles se préparent parfois à deux pas de chez toi — et loin du bruit des autoroutes de streaming.
Sources principales : SNEP, Sycra, sites officiels des studios cités, réseaux sociaux des artistes régionaux.